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COVID-19: la recherche en ethnobiologie remodelée?

Publié le 23 juin 2020 Mis à jour le 23 juin 2020

Dans la revue Nature Plants, des chercheurs interrogent l’impact de la pandémie de COVID-19 sur la recherche en ethnobiologie. Parmi les auteurs, Farid Dahdouh-Guebas du Département de Biologie des Organismes.

La pandémie déclenchée par le virus SARS-CoV-2 bouscule notre monde; la recherche ethnobiologique n’y échappe pas. Dans un article viewpoint publié dans la revue Nature Plants, une trentaine de chercheurs issus du monde entier pointent plusieurs enjeux. Parmi ces auteurs, Farid Dahdouh-Guebas: spécialiste des mangroves, il dirige l’unité de recherche Écologie des Systèmes et Gestion des Ressources, en Faculté des Sciences. Zone riche en faune et flore, les mangroves se développent le long des côtes tropicales et jouent un rôle vital pour les populations locales: protection face aux intempéries, elles sont aussi source de revenu et d’alimentation. "Au sein de ce type de système socio-écologique, il est inévitable qu’à un certain moment, des compromis soient fait entre d’une part le respect des mesures visant à protéger la santé publique, et d’autre part, la survie au quotidien des pêcheurs locaux. Un autre effet de la crise globale pourrait être l’effondrement des marchés" observe Farid Dahdouh Guebas. Et d'expliquer:

"Les marchés d’animaux et d’insectes coexistent souvent avec des marchés de nourriture et de plantes médicinales et rituelles, et forment donc une source très riche de transmission et même de production de connaissances locales. Il est donc fort probable qu’une perte en ces ressources ethnobiologiques aura un impact sur les systèmes de production de plantes locales dans des cultures comme dans la nature".


Pour des chercheurs qui utilisent des méthodes participatives comme approche socio-écologique pour dévoiler les systèmes de connaissances indigènes, la pandémie pourrait laisser une cicatrice profonde. "La panique qu’elle a générée a déjà stigmatisé certains groupes culturels de pays fortement affectés par le Covid-19. En plus, comme le Covid-19 est perçu (à juste titre) comme mortel pour des groupes vulnérables – qui sont souvent les participants clefs dans une étude ethnobiologique – des rencontres en face à face deviendront plus difficiles. Nous avons mis nos recherches ethnobiologiques sur le système socio-écologique de la mangrove en Amérique, en Afrique et en Asie, en suspens pour bien réorganiser les procédures d’échantillonnage tout en respectant les règles de distance sociale" précise Farid Dahdouh-Guebas. 


 
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